Mon chemin — De la matière à l’Art Royal

Mon chemin

De la matière à l’Art Royal

Il est des chemins que l’on choisit.
Et d’autres qui semblent, depuis longtemps, nous attendre.

L’Éveilleur — transmission du savoir et travail de la matière

Un chemin qui ne s’est jamais vraiment interrompu

Mon chemin n’a jamais suivi une ligne droite.

Il s’est construit au fil des rencontres, des matières,
des expériences et des interrogations, entre le travail de la main,
l’observation du vivant et une recherche intérieure devenue,
avec les années, de plus en plus présente.

Longtemps, j’ai cru que ces univers étaient séparés.
D’un côté, la matière, le bois, les outils et le geste.
De l’autre, la recherche, le symbole, l’invisible
et les questions que l’on porte parfois sans savoir encore
comment les formuler.

Avec le temps, j’ai compris qu’ils appartenaient
à un seul et même chemin.

Au commencement, la matière

Toulouse — 1977
Dans l’atelier d’un ami sculpteur

Toulouse 1977 — travail du bois dans l’atelier d’un ami sculpteur

Le bois est entré très tôt dans ma vie.

Avant les mots, avant les symboles, il y eut la matière.
Sa résistance sous l’outil, son odeur, ses fibres,
ses imperfections et cette étrange sensation
qu’elle impose toujours une forme de dialogue.

On ne travaille jamais véritablement le bois contre lui.
Il faut apprendre à le regarder, à suivre ses lignes,
à comprendre ce qu’il accepte et ce qu’il refuse.

Ce qui n’était alors qu’un rapport instinctif à la matière
allait devenir, beaucoup plus tard, une manière de penser.

Entre la matière et le vivant

Ma vie professionnelle m’a conduit vers d’autres domaines,
vers la recherche, l’agriculture, l’observation du vivant
et la compréhension de systèmes dont l’équilibre
ne dépend jamais d’un seul élément.

Pourtant, le travail de la matière ne m’a jamais réellement quitté.

Peu à peu s’est imposée une même évidence :
qu’il s’agisse d’une plante, d’une matière ou d’un être humain,
ce que nous percevons n’est peut-être qu’une partie
de ce qui agit réellement.

Derrière la forme visible existent des équilibres,
des relations et des informations plus subtiles.

La rencontre et l’ouverture intérieure

Chypre — 2016
Le Temple, la Bibliothèque, le savoir ancestral.

La rencontre et l’ouverture intérieure — Chypre

Certaines rencontres ne donnent pas immédiatement de réponses.

Elles ouvrent une porte.

Elles déplacent silencieusement le regard et nous conduisent
vers des territoires que nous pressentions peut-être,
sans encore savoir comment les nommer.

Chypre fut pour moi l’un de ces moments.

Là, le Temple, la Bibliothèque et ce qu’ils semblaient préserver
d’un savoir ancien donnaient soudain une autre profondeur
à des questions présentes depuis longtemps.

La matière demeurait présente, mais elle cessait progressivement
d’être une finalité. Elle devenait un support,
un langage peut-être, un passage entre ce qui se voit
et ce qui se ressent.


Le regard de Maître YAE

En août 2016, à Chypre, Maître YAE posa ces mots
sur mon parcours et sur ce qu’il percevait alors
de ma démarche.

Je les conserve ici comme le témoignage d’une rencontre
et d’une étape importante de mon chemin.


« Maître Yohanan Képhas est un artisan, un chercheur
et un initié, porteur d’un savoir ancestral transmis
à travers les âges. […] Il a consacré sa vie à l’étude
et à la transmission d’une sagesse universelle. »


Maître YAE
Chypre — 7 août 2016
Ami et Frère d’Orient

De la forme au symbole

L’Art Royal m’a appris à regarder autrement
ce que la main peut produire.

Une forme n’est pas seulement une forme.
Une proportion, une orientation, un nombre,
une matière ou un symbole peuvent participer
à une construction beaucoup plus vaste.

L’objet façonné prend alors une autre dimension.

Il ne s’agit plus seulement de réaliser quelque chose de beau,
mais de chercher une cohérence entre la matière,
la forme, l’intention, la personne à laquelle l’objet est destiné
et le lieu qu’il est appelé à habiter.

Le geste aujourd’hui

Sculpture du Sylvain — travail dans l’atelier

Aujourd’hui encore, je travaille la matière.

Les anciens outils sont toujours là, d’autres les ont rejoints,
certaines techniques ont évolué, mais le geste demeure.

Le Sylvain, esprit protecteur des arbres,
est peut-être l’une des expressions les plus simples
de ce chemin : partir du bois pour tenter d’y faire apparaître
autre chose que le bois lui-même.

La matière n’est plus seulement travaillée.
Elle devient porteuse d’une intention.

Le chemin continue

Je ne considère pas ce parcours comme achevé.

Chaque réalisation demeure une recherche,
chaque matière une nouvelle rencontre,
chaque symbole une question qui peut en ouvrir une autre.

Peut-être est-ce finalement cela, mon chemin :
avoir commencé par vouloir façonner la matière
et découvrir, avec le temps, que la matière
nous façonne également.

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